Formation continue et engagement social

La formation continue est absolument centrale dans la pratique de la psychanalyse freudo-lacanienne. Je tente ainsi de me questionner continuellement sur le plan théorique au travers d’une participation active aux différents colloques, séminaires ou conférences des associations belges et internationales. J’essaye également de m’impliquer en permanence dans la reconnaissance de psychanalyse auprès des autorités belges et européennes. J’ai ainsi entamé mon parcours psychanalytique vers la fin de mes études supérieures en communication à l’IHECS.

À la suite de mes études supérieures, j’ai effectué un travail personnel en analyse d’une dizaine d’années pendant lequel j’intégrais l’association « Le Questionnement psychanalytique » — membre de l’inter-associatif européen de psychanalyse — afin d’approfondir mes connaissances théoriques et pratiques à la rencontre d’une communauté de praticiens expérimentés. Encore aujourd’hui, le travail de Sigmund Freud et Jacques Lacan reste au centre de mes réflexions et de mon apprentissage. Je tente évidemment d’étoffer ce corpus essentiel à la rencontre d’auteurs contemporains et internationaux.

En parallèle à mon travail en centre d’accueil pour personnes souffrant de déficiences psychiques et mentales, j’ai intégré un troisième cycle en thérapie psychanalytique à l’université de Gand afin de mieux comprendre les différentes approches et logiques dans mon champ d’activités. Cependant, les connaissances et acquis les plus importants pour ma pratique en tant que psychanalyste ne viennent que rarement des institutions. Ce sont en effet les rencontres plus directes qui ponctuent le mieux mes réflexions. Je pense notamment aux séminaires « Lire en Psychanalyse » en compagine de Guy Mertens ou des rencontres en « Philosophie et Psychanalyse » avec Christian Fierens ; mais également aux colloques de l’I-AEP en présence de certaines figures du cercle restreint de Jacques Lacan.

Plus que les colloques ou séminaires, c’est le travail « cartel » et les rencontres en chair et en os qui constituent le fondement de l’inscription du psychanalyste dans sa communauté et plus largement dans la société. À ce titre, je travaille chaque semaine dans les directions les plus diverses auprès de figures aussi éclectiques que Pascal Nottet, Anita Mortelmans, Sylvain Gross, Christian Centner et bien d’autres…

En dehors d’une approche clinique efficace, la dimension collective de l’inconscient freudien dans ses développements contemporains ainsi que l’inscription philosophique de la réflexion lacanienne, permettent selon moi d’alimenter une pensée critique bien au-delà du cabinet de consultation.

Je tente ainsi de soutenir une pensée analytique amenée à se déployer sur plusieurs fronts d’un engagement social ou sociétal qui me semble — peut-être plus que jamais — absolument vital. On retrouvera ces efforts dans le champ de la santé mentale et des acteurs psychanalytiques d’une part mais également dans mon choix d’une inscription socio-politique, notamment auprès de DiEM25, et un travail de rencontres actives auprès des penseurs du contemporain, tous champs confondus. Les deux sont bien évidemment destinés à se croiser régulièrement et de façon durable dans une dynamique d’attirance et répulsion évoquant sans peine la métaphore d’une pulsionnalité originelle à la résonance toute sexuelle… Ainsi :

Dans le champ de la santé mentale, il nous semble essentiel de mener un travail intense pour la sauvegarde et la perpétuation de la psychanalyse à notre époque ultramoderne dominée par un scientisme aux prises avec les « pièges du réalisme ». De même, un lobbying auprès des partis politiques est devenu nécessaire pour faire en sorte que la particularité de la psychanalyse soit respectée dans la réglementation des professions de santé mentale.

Une contribution psychanalytique aux débats socio-éthiques liées aux problèmes psychologiques ultramodernes et la manière dont ils sont abordés nous semble primordiale. Par exemple, dans le champ de la prévention et le traitement des troubles du comportement chez les enfants, sur l’autisme dans un tribunal et dans le secteur de l’éducation ; sur la culture de l’évaluation en entreprise et à partir de là dans tous les secteurs de la société, sur la fascination pour la perversion et le crime, …

D’autre part, chaque exploration des champs de la philosophie et de la psychanalyse, mais également celle des sciences, nous fait bien comprendre à quel point ces domaines essentiels à l’inscription de l’humain dans cette réalité ne sont que l’émanation de quelque chose de plus profond, difficilement dicible, parfois invisible. Cette « chose » primordiale ne se retrouve jamais mieux que sublimée par un autre champ, trop souvent oublié ou délaissé dans le paysage politique contemporain, celui de l’Art. Nous plaidons donc pour une réinscription et une réaffirmation ferme des fondamentaux du rôle central des arts et de la culture dans nos sociétés ; et bien entendu militons pour que des moyens adéquats lui soient alloués.

Dans le maillage créé par DiEM25, le mouvement politique internationaliste et citoyen forgé dans les échecs successifs d’une certaine Europe à devenir enfin sociale, nous tentons de participer à la création d’un mouvement de pensée adapté à la complexité de notre époque, soutenu par des figures aussi diverses que Noam Chomsky, Roger Waters, Srećko Horvat ou Laurent de Sutter et bien d’autres, plus anonymes…